Pesticide pyriproxyfène–virus Zika : découverte d’une alliance tragique pour le développement cérébral

The Conversation

De Pieter Vancamp et Barbara A. Demeneix

12/09/2021

@Pixabay

L’épidémie de Covid-19 a été, et est encore, dévastatrice. Tout le monde a été touché, et le bilan humain est énorme. Mais si, pour beaucoup, l’épidémie semble sans précédent, les maladies infectieuses propagées par les virus ont toujours représenté un danger pour la santé. Au-delà de ce danger immémorial, une question fondamentale en science est de savoir comment les virus (et les maladies associées) sont affectés par les différentes inventions humaines. Dans notre dernière étude, nous montrons comment un pesticide, le pyriproxyfène, peut aggraver les effets du virus Zika sur le développement cérébral d’un fœtus.

L’impact inattendu de l’alliance Zika-pyriproxyfène

Nous sommes remontés six ans en arrière au Brésil, en 2015, lorsque le nombre de bébés nés avec une petite tête et un petit cerveau a brutalement explosé. Ces graves déformations les ont laissés handicapés à vie, et ont suscité une inquiétude mondiale. Ces cas de « microcéphalie » ont rapidement été associés au fait que les mères enceintes avaient été infectées par le virus Zika. Ce virus pénètre et tue les cellules qui forment le cerveau, ce qui entrave son bon développement.

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Découverte de l’impact du Pyriproxyfène sur l’augmentation de graves malformations chez les bébés nés au Brésil

Environmental Pollution via le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN)
De Pieter Vancamp, Petra Spirhanzlova, Anthony Sébillot, Lucile Butruille, Jean-David Gothié, Sébastien Le Mével, Michelle Leemans, Karn Wejaphikul, Marcel Meima, Bilal B. Mughal, Pierre Roques, Sylvie Remaud, Jean-Baptiste Fini, Barbara A. Demeneix

07/23/2021

@Pixabay

En 2015, l’augmentation du nombre de bébés nés au Brésil avec une microcéphalie (petite tête et petit cerveau) a inquiété le monde entier. Cette grave malformation était associée à l’infection des femmes enceintes par le virus ZIKA, véhiculé par le moustique Aedes aegypti. Une étude de chercheurs de l’UMR PhyMA (Département Adaptation du Vivant – Muséum national d’Histoire naturelle et CNRS) parue dans la revue Environmental Pollution suggère que le Pyriproxyfène, un insecticide utilisé de manière intensive au Brésil, pourrait être un facteur majeur contribuant à l’augmentation de l’incidence de la microcéphalie.

Le Pyriproxyfène perturbe l’action des hormones thyroïdienne, qui contribuent à faire fonctionner le cerveau humain. Une carence grave en hormones thyroïdiennes pendant la grossesse était autrefois une cause fréquente de l’état pathologique de crétinisme, qui s’accompagnait de petits cerveaux et engendrait des handicaps mentaux chez les enfants.

Le rapport scientifique confirme que la perturbation de l’action des hormones thyroïdiennes, due à l’exposition au Pyriproxyfène, est impliquée dans la microcéphalie. L’insecticide dérèglerait des gènes impliqués dans la régulation de la génération des neurones et des cellules gliales, les éléments de base du cerveau. Le virus du ZIKA aggrave également les effets induits par l’insecticide sur le développement du cerveau. Les chercheurs démontrent donc que le Pyriproxyfène est un antagoniste actif des hormones thyroïdiennes, qui modifie le développement correct du cerveau.

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Substances chimiques: la Commission pour une réforme d’ampleur

Mediapart
De Cédric Vallet

14/10/2020

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La Commission européenne a présenté mercredi une nouvelle stratégie vis-à-vis de la gestion des produits chimiques. Une « réforme majeure », clament des ONG, qui s’est imposée malgré de fortes résistances internes.

La Commission européenne a proposé ce mercredi 14 octobre des changements en profondeur dans la gestion des 140 000 substances chimiques mises sur le marché européen, dont 74 % peuvent s’avérer dangereuses pour la santé humaine ou l’environnement.

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De l’eau, oui, mais en bouteille ou au robinet ?

La Croix
De Sophie Viguier-Vinson

10/12/2020

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Si tout le monde s’accorde pour nous recommander de boire beaucoup d’eau, le débat devient plus vif quand il s’agit de choisir quelle eau. Écologie, pollution, économies, santé… Entre eau minérale et eau courante, tout ne se vaut pas. Cas de conscience.

J’adore mon eau minérale, son goût, ses bulles délicates. Je l’aime aussi plate pour le sport, ou bien dosée en magnésium pour l’humeur et la digestion à mes heures… Elle flatte mes papilles, contribue à préserver ma santé, car de fait, j’en bois plus ainsi, comme me l’a recommandé le médecin. « 1,5 litre par jour minimum », a-t-il insisté, pour être bien hydratée.

Sauf que chacune de mes bouteilles préférées rejoint la montagne de déchets à recycler, quand elle ne finit pas dans le fond encombré des océans. Je le sais, je les vois, je ne peux plus oublier leur poids dans le bilan carbone de la planète et sur la biodiversité, au point que l’amertume s’est infiltrée dans les molécules d’H2O.

« En France, 25 millions de bouteilles en plastique sont utilisées chaque jour et 42 % ne sont pas recyclées en Europe », rappelle Marillys Macé, directrice générale du Centre d’information de l’eau fondé par les distributeurs Veolia, Suez et Saur. De quoi gonfler mes scrupules et forcer le retour à la source domestique, celle du robinet. Sans hésitation ?

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Faut-il avoir peur de l’eau du robinet ?

France Culture – La Question du Jour
Par Guillaume Erner

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Mercredi 17 juin 2020, l’association de défense de l’environnement « Générations futures » rendait public un rapport sur la présence de résidus de pesticides dans l’eau du robinet. Faut-il s’en inquiéter ?

Faut-il s’inquiéter des traces de pesticides retrouvées dans l’eau du robinet ? Mercredi 17 juin 2020, l’association de défense de l’environnement « Générations futures », rendait public un rapport répertoriant un certain nombre de substances chimiques détectées dans l’eau du robinet de la quasi totalité des départements français. Conclusion, des résidus de pesticides cancérogènes, potentiellement perturbateurs endocriniens sont présents dans nos réseaux d’eau potable. Pourquoi ? Qu’est-ce que cela signifie ? Est-ce dangereux pour la santé ?

Guillaume Erner reçoit Barbara Demeneix, biologiste, professeure émérite au Muséum National d’Histoire Naturelle, auteure notamment de « Cocktail toxique : comment les perturbateurs endocriniens empoisonnent notre cerveau », ed. Odile Jacob.

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Polluants : alerte à l’exposition généralisée

Sciences et Vie
Par Elsa Abdoun

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Perturbateurs endocriniens, probables cancérigènes… Selon une récente étude portant sur près de 70 substances jugées préoccupantes, les Français s’avèrent massivement contaminés. Mais si l’étude alerte, elle offre aussi des pistes pour se protéger.

Six catégories de  molécules ont été étudiées par l’agence nationale de santé publique française : bisphénols, phtalates et parabènes (des perturbateurs endocriniens suspectés ou avérés), éthers de glycol (suspectés d’altérer les capacités reproductives et le développement du foetus), composés perfluorés et retardateurs de flammes bromés (suspectés de multiples effets toxiques). Résultat : l’exposition est généralisée. Les bisphénols A, S et F, plusieurs éthers de glycol et les principaux composés perfluorés étudiés ont été retrouvés dans 100 % des échantillons, tandis qu’au moins un type de parabène et la plupart des phtalates se retrouvaient respectivement chez près de 90 % et plus de 80 % de l’échantillon représentatif de la population française.

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Tribune : Perturbateurs endocriniens: le niveau de protection actuel est-il illusoire?

Mediapart – Le Club
Par Les invités de Mediapart

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« Il est temps que, face à la menace des perturbateurs endocriniens et au temps perdu du fait de la pression des lobbies, la politique européenne privilégie enfin la santé environnementale », alerte un collectif de chercheurs et de médecins au sujet de la contamination chimique de notre environnement et de nos organismes. Ils appellent à mettre en place le principe de précaution, « l’un des fondements de la législation européenne ».

La contamination chimique de notre environnement et de nos organismes est une composante majeure de la crise écologique actuelle, particulièrement par les perturbateurs endocriniens (PE). Dans le cadre du règlement « pesticides », l’Union Européenne a adopté une définition fin 2017, mais celle-ci permet-elle vraiment de protéger les populations ? Autrement dit, se contente-t-elle d’éliminer quelques molécules ou met-elle en oeuvre le principe de précaution pourtant l’un des fondements de la législation européenne ?

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Les pesticides, principale cause de la disparition des oiseaux en France

France Inter – Secrets d’info 
Par Jacques Monin, Philippe Reltien et Cellule investigation de Radio France

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©Pixabay

Enquête – Comment expliquer l’alarmante disparition de millions d’oiseaux ces dernières années ? Le dérèglement climatique désoriente les oiseaux migrateurs, mais le premier coupable est une molécule chimique : l’imidaclopride, qui agit sur eux comme un poison à mort lente lorsqu’ils picorent par exemple des graines enrobées de pesticides semées dans les champs.

Retrouvez Barbara Demeneix à 00:09:34 et à 00:19:13

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Pourquoi autant de polluants dans nos organismes ?

France Inter – Le téléphone sonne
Par Claire Servajean

FrInter09.09.2019

Une vaste étude réalisée par Santé Publique France a été publiée cette semaine auprès de plusieurs milliers de personnes : Bisphénols, phtalates, parabènes, solvants. Nous sommes tous contaminés…

Au téléphone sonne ce soir, questions sur ces produits du quotidien qui nous empoisonnent au sens propre, qui polluent nos organismes et nous contaminent sans que nous nous en apercevions. Santé Publique France a publié cette semaine la plus vaste étude jamais menée sur le sujet dans notre pays.
Des milliers de Français y ont participé entre 2014 et 2016. La conclusion est que les bisphénols, phtalates, solvants, parabènes sont présents dans les organismes de tous les Français, et tout particulièrement dans ceux des enfants. Or ces substances sont loin d’être anodines, certaines sont même dangereuses pour notre santé.
Le problème, c’est qu’elles sont omniprésentes dans notre environnement.
Il est par conséquent particulièrement difficile voire impossible d’y échapper.

Comment cette enquête a-t elle été menée ? Quelles sont les conséquences de cette exposition aux polluants pour notre santé ? Quelles sont les  recommandations à l’issue de cette enquête ? Du côté de nos dirigeants, la prise de conscience est- elle réelle et y- a-t-il  une volonté d’agir ?

Avec nous, pour en parler :

  • Sebastien Denys, directeur du pôle «santé environnement » de Santé Publique France.
  • Barbara Demeneix, endocrinologue, Professeure au MNHN, directrice de recherche au CNRS auteur de Cocktail toxique chez Odile Jacob.
  • François Veillerette, directeur de l’association Générations Futures

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Les perturbateurs endocriniens

France Inter – Les Savanturiers
Par Fabienne Chauvière

Franceinter23.07

De nombreuses études mettent en évidence une augmentation vertigineuse des cas d’autisme et des troubles de l’attention. En cause : les perturbateurs endocriniens partout présents dans notre environnement :  jouets, emballages, cosmétiques… et même dans les boites de pizzas !

Lorsque Barbara Demeneix, actuellement professeure au Muséum National d’Histoire Naturelle, commence à s’intéresser au sujet il y a vingt-cinq ans, peu de chercheurs la prennent vraiment au sérieux. Aujourd’hui, tous lui emboîtent le pas. C’est d’ailleurs à cette chercheuse engagée – qui se définit aussi comme une lanceuse d’alerte – et à son collègue Rémy Slama que le Parlement européen a commandé un rapport sur les perturbateurs endocriniens. Il a été rendu public en avril 2019.

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Le sang des bébés est pollué : les dangers de l’effet cocktail

France Culture 
Par Noémie Naguet de Saint Vulfran

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Découverte | 
Des études démontrent la présence de centaines de produits chimiques dans le sang des cordons ombilicaux à la naissance des enfants. Des molécules qui ne devraient pas être là. Barbara Demeneix, professeure de physiologie au Museum National d’Histoire Naturelle, nous explique le danger du cocktail.

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Qu’appelle-t-on “effet cocktail” ?

Barbara Demeneix : L’effet cocktail est un mélange complexe de produits chimiques qui ne devraient pas être dans notre sang. La question qui se pose aujourd’hui : étant donné les centaines de milliers de substances auxquelles on pourrait être exposé, quelles sont les interactions entre ces différentes substances au niveau de notre physiologie ? Chez des femmes enceintes ou chez des enfants qui naissent, on a mesuré des taux de produits chimiques dans le sang du cordon ombilical, et on a trouvé des centaines de produits chimiques. Nous savons que ces produits passent la barrière placentaire et se retrouvent dans le liquide amniotique.

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Effets cocktails : il n’y a pas que la dose qui fait le poison

France Culture – La Méthode Scientifique
Par Nicolas Martin

Quels sont les ingrédients pour un effet cocktail ? Comment le terme d’effet cocktail a-t-il émergé dans la recherche ? Quelles incidences sur la santé ? Quelles certitudes et incertitudes a-t-on à ce sujet ? Comment le mesure-t-on ? Les sexes sont-ils touchés différemment par l’effet cocktail ?

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Aoruan Mo  Crédits : Getty

Dosis sola facit venenum : « seule la dose fait le poison » ; jusqu’à très récemment, cet adage de Paracelse était encore de rigueur quant à l’étude de la toxicité d’un composé chimique. Mais depuis quelques années, il semblerait qu’il n’y ait pas que la dose d’exposition à une molécule qui en détermine la nocivité. Une très faible exposition combinée à plusieurs molécules, d’ordinaires inoffensives à ces doses, peut devenir cytotoxique, ou perturbatrice pour certaines fonctions, comme les fonctions hormonales. C’est ce que l’on appelle « l’effet cocktail », soit la combinaison délétère de composés auxquels nous sommes en contact au quotidien et c’est un immense et complexe continent de la recherche qui est en train de s’ouvrir.

Effet cocktail : il n’y a pas que la dose qui fait le poison : c’est le problème auquel nous allons nous atteler dans l’heure qui vient.

Et pour examiner cette épineuse question des effets cocktails, nous avons aujourd’hui le plaisir de recevoir Barbara Demeneix, biologiste, professeure de physiologie au Museum National d’Histoire Naturelle, auteure entre autres de « Cocktail Toxique » aux éditions Odile Jacob et William Bourguet, directeur de recherche Inserm au Centre de Biochimie Structurale, à Montpellier.

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« Demain, tous crétins ? », quand les perturbateurs endocriniens troublent notre cerveau (La Croix)

La Croix 
Par Denis Sergent

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Baisse du QI, troubles du comportement, autisme… De plus en plus d’endocrinologues et de neurobiologistes mettent en cause l’augmentation des perturbateurs endocriniens. Avec de bons arguments.

« Nous entravons le développement intellectuel de nos enfants… Dans quelques années, nous nous demanderons comment a-t-on pu en arriver là ? », s’interroge franchement Thomas Zoeller, endocrinologue à l’université du Massachusetts, dans ce documentaire interpellant de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, déjà diffusé sur Arte, qui permet de bien comprendre ce vaste et complexe problème.

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Les effets des perturbateurs endocriniens sur la santé (RFI)

RFI – Priorité Santé
Par Chantal Lorho

Pesticides, plastiques, pollution de l’air… Chaque jour, des centaines de milliers de produits chimiques sont rejetés dans notre environnement. Ces produits chimiques contiennent des perturbateurs endocriniens, qui ont des effets néfastes notamment sur le cerveau, et ce, dès la conception des enfants. Quel est l’impact de ces pollutions chimiques sur le développement cérébral ? Peut-on évaluer leurs effets sur certains troubles cognitifs ?

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© Les thématiques de la recherche en santé-environnement et santé au travail en France, de 2006 à 2016.Wikimedia/CC BY-SA 4.0/ Nathalie Ruault

Avec :

  • Barbara Demeneix, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle, auteur de Cocktail toxique : Comment les perturbateurs endocriniens empoisonnent notre cerveau, aux éditions Odile Jacob.
  • Claire Richaud, bénévole pour l’association Générations Cobayes.
  • Pr Abdoulaye Leye, endocrinologue, chef du service de Médecine interne/endocrinologie-diabétologie au Centre hospitalier national universitaire de Pikine t enseignant à l’Université de Médecine Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal.

En fin d’émission, nous retrouvons la chronique nutrition de Stéphane Besançon, nutritionniste et directeur de l’ONG Santé Diabète à Bamako au Mali.

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