Tribune : Perturbateurs endocriniens: le niveau de protection actuel est-il illusoire?

Mediapart – Le Club
Par Les invités de Mediapart

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« Il est temps que, face à la menace des perturbateurs endocriniens et au temps perdu du fait de la pression des lobbies, la politique européenne privilégie enfin la santé environnementale », alerte un collectif de chercheurs et de médecins au sujet de la contamination chimique de notre environnement et de nos organismes. Ils appellent à mettre en place le principe de précaution, « l’un des fondements de la législation européenne ».

La contamination chimique de notre environnement et de nos organismes est une composante majeure de la crise écologique actuelle, particulièrement par les perturbateurs endocriniens (PE). Dans le cadre du règlement « pesticides », l’Union Européenne a adopté une définition fin 2017, mais celle-ci permet-elle vraiment de protéger les populations ? Autrement dit, se contente-t-elle d’éliminer quelques molécules ou met-elle en oeuvre le principe de précaution pourtant l’un des fondements de la législation européenne ?

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Ce qui nous ronge le cerveau : enquête sur l’effondrement général du QI

Marianne 
Par Emmanuel Lemieux

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© Pixabay

Selon Barbara Demeneix, spécialiste des perturbateurs endocriniens, tout concorde pour un effondrement massif de notre QI. Passage au scanner de ce qui nous grignote l’intelligence.

Elle porte un joli chapeau de paille et nous répond avec un délicieux accent anglais, Barbara Demeneix, endocrinologue au CNRS et ancienne codirectrice du labo Evolution des régulations endocriniennes du Muséum national d’Histoire naturelle. Mais cela atténue à peine l’état des lieux terrifiant qu’elle établit depuis des années. Celui de la chimie et des perturbateurs endocriniens qui sont, selon ses études et hypothèses, une menace certaine pour notre quotient intellectuel. L’effondrement de nos sociétés viendra peut-être par le cerveau. Et cela a déjà commencé. Interrompant notre entretien, elle rend d’autorité au garçon de café un peu décontenancé les innocentes pailles en polypropylène de nos Perrier-rondelle : les poisons plastifiés ne passeront pas par elle.

Les perturbateurs endocriniens, avec des molécules chimiques qui ont été multipliées par 300 depuis les années 70, colonisent notre quotidien, nos organismes et nos pensées. Les fœtus du XXIe siècle baignent désormais dans un liquide amniotique qui, si l’on force le trait, relève plus de la cuve d’usine de type Seveso que du lac de montagne niché dans une vallée préservée – alors que l’on recommande aux mamans de ne surtout pas prendre de médicaments. Les impacts sont encore mal connus, mais néanmoins inquiétants. Dans le liquide amniotique, on repère désormais le bisphénol qui a franchi sans problème la barrière placentaire.

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Contestado na Europa e nos EUA, agrotóxico que reduz QI de crianças é liberado no Brasil

RFI Brasil
Por Lúcia Müzell

Segundo especialistas, ele deixa traços nos alimentos e, no organismo humano, causa danos como distúrbios hormonais, deficiência mental irreversível nos fetos e diminuição de até 2,5 pontos de QI (quociente de inteligência) das crianças. O clorpirifós é um agrotóxico que surgiu para substituir o devastador DDT na agricultura e é usado há mais de 50 anos – mas é cada vez mais contestado pelos efeitos nocivos à saúde e ao meio ambiente.

O produto combate larvas e insetos e foi banido de oito países europeus. A sua licença para a utilização agrícola na União Europeia se aproxima do fim e o prazo, janeiro de 2020, levantou o debate sobre a pertinência de renovar a autorização. Segundo o jornal francês Le Monde, a Comissão Europeia estuda a possibilidade de não validar a permissão.

Uma das maiores especialistas em perturbadores hormonais do mundo, a pesquisadora Barbara Demeneix, do Laboratório de Evolução dos Reguladores Endócrinos de Paris, avalia que, se for concretizada, a medida já virá tarde.

“Nós esperamos muito que seja proibido na Europa, depois de tantos estudos não só sobre o impacto nas crianças, mas também no meio ambiente”, sustenta Demeneix. “Uma pesquisa incrível mostrou os efeitos desse químico nos peixes-corais. O estudo foi muito claro em demonstrar o quanto o clorpirifós afeta os hormônios da tireoide, portanto o desenvolvimento de todos os vertebrados. Está claro que há impactos não só no homem, como na biodiversidade.”

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Eye on France: Children clobbered by chlorpyrifos!

RFI English
Michael Fitzpatrick

After glyphosate, the cancer-inducing weedkiller, the French papers look at chlorpyrifos, a commonly used pesticide suspected of pillaging our children’s IQs.

Chlorpyrifos is a pesticide which has been sprayed on European farms for the past half century, despite a staggering weight of scientific evidence suggesting that exposure to the stuff dramatically reduces the IQ of children. It also kills greenfly and caterpillars, which is why farmers like it so much.

Unfortunately, chlorpyrifos survives on our spinach leaves, lettuce, potatoes and oranges. It is to be found in our kids’ urine, and in the umbilical cords of pregnant women.  Since 1965, evidence has been accumulating that this neurotoxin causes irreversible brain damage in youngsters, knocking 13 million points off the IQ of Europe’s children every year, and causing nearly 60,000 cases of mental deficiency.

 

Chlorpyrifos – Barbara Demeneix: “Detrimental effects on IQ”

Investigative Reporting Denmark
Stéphane Horel

©Investigative Reporting Denmark 

The Cross-border investigation on chlorpyrifos was initiated by Investigative Reporting Denmark and Danwatch, and made in collaboration with journalists from Knack in Belgium, Le Monde in France, Dagbladet in Norway, Newsweek in Poland, Ostro in Slovenia, El Confidential in Spain and The Midwest Center for Investigative Reporting in US. The investigation was supported by Journalismfund.eu.

Barbara Demeneix : “Detrimental effects on IQ”

“The scientific evidence clearly shows that prenatal exposure to chlorpyrifos has detrimental effects on IQ and brain cortex thickness. Chlorpyrifos is toxic for the central nervous system, i.e. neurotoxic, and it is an endocrine disruptor, notably of thyroid signalling. Chlorpyrifos can thus interfere with brain development.”

“In 2012, it was shown that brain cortex thickness is significantly reduced as a result of prenatal chlorpyrifos exposure. Recently, French researcher Vincent Laudet has demonstrated unequivocally that chlorpyrifos is a thyroid disrupting chemicals. One can wonder why it has not already been banned.”

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Is air pollution ruining your memory?

The Telegraph
By Harry de Quetteville

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©Pixabay

I have a little gadget on my kitchen shelf. It measures levels of a particle known as PM2.5 – the tiny, invisible, sooty bits of combustion that are key culprits in the air pollution health crisis.

Produced by diesel and petrol fumes, log burners and even conventional ovens, PM2.5s are small enough to make it deep into the lungs and from there into the bloodstream. They’ve been linked to diseases ranging from cancer to high blood pressure and, as the World Health Organisation (WHO) puts it, “increased mortality or morbidity”.

When I pop two slices of bread into the toaster for my six and four year old, the monitor goes bananas. The PM count in micrograms per cubic metre races up from 9 or 10 into the hundreds.

« “There’s so much data on air pollution on working memory and your capacity to think. […] It’s not just traffic. All volatile compounds, like pesticides found in rural areas, can be included.” Barbara Demeneix

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Chlorpyrifos : les dangers ignorés d’un pesticide toxique

Le Monde
Par Stéphane Horel

C’est une famille de pesticides qui vole en moyenne 2,5 points de quotient intellectuel (QI) à chaque enfant européen. Son principal représentant, comme beaucoup de produits chimiques, porte un nom compliqué qui lui garantit le confort d’un certain anonymat. Pourtant, il contamine notre vie quotidienne. D’abord pulvérisé sur les cultures pour éliminer pucerons ou chenilles, le chlorpyrifos poursuit son existence sous la forme de traces dans les oranges, les pommes, la laitue, l’urine des enfants et le cordon ombilical des femmes enceintes.

Au fil d’un demi-siècle de pulvérisation, les données scientifiques se sont accumulées sur les effets nocifs de cet insecticide. Censé remplacer le DDT et ses effets délétères en 1965, le produit de la firme américaine Dow endommage en fait le cerveau des enfants de manière irréversible.

 

« On peut se demander pourquoi il n’a pas déjà été interdit. Le chlorpyrifos est toxique pour le système nerveux central, c’est-à-dire neurotoxique, et c’est un perturbateur endocrinien qui agit notamment sur la signalisation thyroïdienne. Il peut donc interférer avec le développement du cerveau. ».   Barbara Demeneix

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Tribune : « Sur l’impact des pesticides, la recherche scientifique doit éclairer la décision publique »

Le Monde
Tribune

L’appel à projets annoncé par le gouvernement le 9 mai ne suffira pas à couvrir l’ensemble des problématiques liées à l’utilisation de ces produits, déplore un collectif de près de 260 scientifiques, qui prônent une gestion plus ambitieuse « au nom du bien commun ».

Malgré la multiplication des plans annonçant leur réduction depuis plus d’une décennie, l’utilisation des pesticides en agriculture continue d’augmenter en France. Face à ce constat, le gouvernement lancera début juin le programme prioritaire de recherche « Cultiver et protéger autrement », doté de 30 millions d’euros. Ce dispositif est conçu pour développer des solutions de remplacement agronomiques et technologiques aux pesticides et les déployer ensuite vers les agriculteurs. Mais les travaux sur les impacts des pesticides sur la santé humaine et environnementale et les coûts que ceux-ci impliquent pour la société sont exclus des appels à projets.

Le 9 mai, le gouvernement a annoncé le lancement d’un appel à projets sur les effets des pesticides dans le cadre d’Ecophyto2 +. Doté de seulement 2 millions d’euros, il ne permettra pas de couvrir toutes les problématiques. Pourtant, la connaissance de l’étendue et de la profondeur des impacts des pesticides et la façon dont ils pèsent sur la société est un levier indispensable pour accélérer la transition vers d’autres modes de production, et complémentaire au développement d’alternatives aux pesticides. Pour être à la hauteur des enjeux, une programmation plus ambitieuse est nécessaire.

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Endocrine disruptors drop the curtain on this European Parliament

EURACTIV
Par Gerardo Fortuna

Plenary Session © European Union 2019 – Source : EP – Marc DOSSMANN

On Thursday (18 April), the European Parliament adopted a non-binding resolution asking the European Commission to ensure a higher level of protection against endocrine disruptors (EDCs) by making a legislative proposal on the matter no later than June 2020.

It passed with 447 votes in favour, 14 against and 41 abstentions, and was actually the last text to be dealt with by this Parliament.

MEPs proposed treating EDCs or potential EDCs on an equal footing with substances classified as carcinogenic, mutagenic or toxic for reproduction, the so-called CMR substances prohibited in EU cosmetics legislation.

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Endocrine Society Commends European Parliament’s EDC Resolution

Endocrine News

The Endocrine Society praised the European Parliament’s resolution calling for greater European Union action to regulate endocrine-disrupting chemicals (EDCs) that pose a serious threat to the health of current and future generations.

The resolution was adopted Thursday by an overwhelming cross-party majority during the final voting session of the current Parliament’s term and affirms the European Parliament’s commitment to shield the public from exposure to EDCs.

The Society has spent years pressing for science-based regulation of these chemicals, which mimic, block or otherwise interfere with the body’s hormones. EDCs are commonly found throughout our environment in children’s products, food containers, personal care products, pesticides and furniture.

The resolution directs the European Commission to propose legislation to regulate EDCs in toys and cosmetics and to update the regulations governing EDCs in food contact materials by June 2020. It emphasizes that EDCs pose a similar public health threat as carcinogens, substances that cause genetic mutations and reproductive toxins, and concludes that EDCs should be regulated in the same manner by the European Union.

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Perturbateurs endocriniens : les lacunes de la réglementation européenne (Les Echos)

Les Echos
Par Sophie Amsili

Un rapport présenté ce mardi devant le Parlement européen souligne l’absence de définition dans de nombreux secteurs, comme les cosmétiques et l’alimentation, et l’insuffisance des tests pour identifier la présence de ces microsubstances.

Le chemin est encore bien long pour limiter notre exposition aux perturbateurs endocriniens (PE). Un  rapport présenté ce mardi à Bruxelles souligne les lacunes de la réglementation européenne sur le sujet.

Réalisée à la demande de la Commission des pétitions du Parlement européen – qui indique avoir reçu 19 pétitions de citoyens européens sur le sujet -, l’étude pointe les incohérences de la réglementation actuelle sur ces microsubstances, pourtant identifiées dès 1996 par l’Union européenne comme un risque pour la santé et l’environnement.

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Perturbateurs endocriniens : la réglementation européenne ne protège pas les populations (Le Monde)

Le Monde
Par Stéphane Foucart

Un rapport commandé par le Parlement européen regrette l’absence de prise en compte des effets cumulés de ces substances et pointe du doigt de profondes incohérences entre les différentes réglementations.

En novembre 2018, la Commission européenne présentait sa stratégie sur les perturbateurs endocriniens (PE) avec, comme objectif affiché, la réduction de l’exposition de la population à ces substances, capables d’interférer avec le système hormonal et impliquées dans une variété de troubles et de pathologies. Bruxelles a-t-elle les moyens de son ambition ? Un rapport commandé par le Parlement européen, et qui devait être présenté mardi 2 avril à ses commanditaires, répond par la négative : en l’état, la réglementation en vigueur n’a pas les moyens des objectifs que s’est fixés l’exécutif européen.

Il y a pourtant urgence. Dans leur rapport, les deux auteurs mandatés par les parlementaires, Barbara Demeneix (CNRS, Muséum national d’histoire naturelle) et Rémy Slama (Inserm, université de Grenoble), ont d’abord passé en revue les connaissances scientifiques les plus récentes sur le sujet. « Auparavant, nous disposions surtout de données américaines sur l’imprégnation de la population, mais nous avons désormais accès à des données de surveillance en Europe, montrant une situation comparable, explique Rémy Slama. A savoir une exposition généralisée de la population, y compris les femmes enceintes, à des dizaines de perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés. »

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BARBARA DEMENEIX : “IL EST URGENT DE PROTÉGER LA SANTÉ HUMAINE ET ANIMALE” (L’Humanité)

L’Humanité
Par Alexandra Chaignon

Perturbateurs endocriniens. Un rapport présenté ce jour au Parlement européen rappelle la dangerosité de ces substances. Pour Barbara Demeneix, il y a urgence à étendre la réglementation européenne afin de minimiser l’exposition à ces substances.

Pourquoi ce rapport vous a-t-il été commandé ?

Barbara Demeneix : La commission des pétitions du Parlement européen a reçu de nombreuses pétitions sur les perturbateurs endocriniens et sur les microplastiques qui en contiennent. Face à cette avalanche de sollicitations, elle m’a passé commande. Le rapport a été rendu en janvier. Et l’industrie commence à le critiquer déjà, arguant, notamment, qu’il n’a pas été relu par des pairs, comme pour un article scientifique. Or nous l’avons fait relire par des collègues qui connaissent bien le problème.

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Wir waren mal schlauer

Die Ziet
Von Nataly Bleuel,  Nike Heinen und Tanja Stelzer

Intelligenzquotient: Mit einem IQ von unter 85 gilt man als unterdurchschnittlich, über 115 als überdurchschnittlich intelligent.Mit einem IQ von unter 85 gilt man als unterdurchschnittlich, von über 115 als überdurchschnittlich intelligent. © Jewgeni Roppel

Lange stieg der IQ in Industrienationen, seit einigen Jahren aber sinkt er. Die Gründe dafür haben Sprengkraft für Gesellschaften – und viele Leser interessiert.

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Communiqué de presse : PRÉSENTATION AU PARLEMENT EUROPÉEN DU RAPPORT SCIENTIFIQUE “ENDOCRINE DISRUPTORS, FROM SCIENTIFIC EVIDENCE TO HUMAN HEALTH PROTECTION”

Commandé par la commission des pétitions du Parlement européen, le rapport scientifique Endocrine Disruptors : from Scientific Evidence to Human Health Protection est présenté au Parlement européen le 2 avril par ses auteurs, Barbara Demeneix, professeure au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN/CNRS), et Rémy Slama, directeur de recherche à l’INSERM.

Le rapport publié le 20 mars 2019, propose un état des lieux des connaissances scientifiques des effets sur la santé de l’exposition à des perturbateurs endocriniens, aborde les réglementations européennes actuelles et offre des propositions pour améliorer la réglementation et ainsi minimiser l’exposition à ces substances, qui est la finalité poursuivie en Europe.

Travail sous hotte © MNHN - A. Iatzoura

Travail sous hotte © MNHN – A. Iatzoura

>> Communiqué de presse du Muséum National d’Histoire Naturelle