Perturbateurs endocriniens : la réglementation européenne ne protège pas les populations (Le Monde)

Le Monde
Par Stéphane Foucart

Un rapport commandé par le Parlement européen regrette l’absence de prise en compte des effets cumulés de ces substances et pointe du doigt de profondes incohérences entre les différentes réglementations.

En novembre 2018, la Commission européenne présentait sa stratégie sur les perturbateurs endocriniens (PE) avec, comme objectif affiché, la réduction de l’exposition de la population à ces substances, capables d’interférer avec le système hormonal et impliquées dans une variété de troubles et de pathologies. Bruxelles a-t-elle les moyens de son ambition ? Un rapport commandé par le Parlement européen, et qui devait être présenté mardi 2 avril à ses commanditaires, répond par la négative : en l’état, la réglementation en vigueur n’a pas les moyens des objectifs que s’est fixés l’exécutif européen.

Il y a pourtant urgence. Dans leur rapport, les deux auteurs mandatés par les parlementaires, Barbara Demeneix (CNRS, Muséum national d’histoire naturelle) et Rémy Slama (Inserm, université de Grenoble), ont d’abord passé en revue les connaissances scientifiques les plus récentes sur le sujet. « Auparavant, nous disposions surtout de données américaines sur l’imprégnation de la population, mais nous avons désormais accès à des données de surveillance en Europe, montrant une situation comparable, explique Rémy Slama. A savoir une exposition généralisée de la population, y compris les femmes enceintes, à des dizaines de perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés. »

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